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mardi 14 septembre 2010

Écrire.

Je cherche les prétextes, les distractions pour éviter d’appuyer la mine sur mon cahier. Écrire. Un bon millier d’heures de bobines d’images muettes, sous-titrées souvent en vers, que j’accumule dans l’attente du moment, cette petite transe qui me ferait tout rendre, comme toute expérience à haute teneur sensorielle ayant un potentiel orgasmique évident. Me soulager, soupirer d'après la sensation du ventre rempli de délices, la tête vidée et la page pleine, ordonnée, des pensées qui n’étaient encore qu’abstraites et immatérielles. Illisibles.

Une dense phrase d’Yvon Rivard m’a fait arrêter plus D’une fois. J’ai la rage d’écrire, de dessiner du réel, celui de mon imagination. Un portrait de ce qui danse en moi, à contre-jour, les silhouettes inatteignables.

Je n’ai pas de réel blocage, j’ai seulement la peur qui gronde, depuis cette conférence de Dany Laferrière. Peur de l’autoconfrontation.

samedi 2 janvier 2010

À l'ombre d'un moment


Une vague impression d'engluement, de léthargie imposée, où les états contraires se déversent pour innonder les sens, pour les limiter à un grondement sourd, pour faire mourir l'ivresse de la veille, l'anéantir, la réduire au stade de rien, puis engourdir les membres jusqu'à s'en épuiser. Position horizontale. Le sommeil n'est plus que la somme des heures passées à digérer le noir d'une nuit trop courte. Le jour, des couleurs grisées par les cernes de l'insomnie.

jeudi 17 décembre 2009

Un brin de foin dans une botte d'aiguille

Parfois je me dis que ce genre de conditions climatiques doivent calmer en nous nos envies de fin du monde...

J'aime bien m'imaginer que nos -30 degrés Celsius ressentis et nos 40 centimètres de neige (one shot!) font que les êtres humains habitant ces quelques arpents de blanche neige se serrent plus expressément les coudes, question de s'en réchauffer les racoins :) . J'avais l'impression que l'autre soir, en marchant, le vent cherchait de ses griffes un point de chaleur dans mon visage plissé en de petites douleurs, comme un brin de foin dans une botte d'aiguilles. En rentrant à la maison du ô réconfort, j'avais le blush aux joues, à la longue, à cause de toutes les broderies que le temps s'était acharné à faire un peu partout dans le trou d'esquimau qui me servait de minois.

Quand finalement les lois de la nature réussissent à nous faire entendre raison, à faire éclater le pied d'estal et à nous remettre à notre niveau initial, je me sens bien. Bien sûr, il y aura toujours les incorrigibles, ceux dont la vision ne va pas plus loin que leur mallette en cuir noir, ou leur Playstation, tellement perdus dans leur train-train qu'ils en perdront bientôt les rails, qui ne daigneraient jamais se rabaisser devant telle fadaise de villageois, mais une fois de temps en temps, pourquoi pas se permettre de vivre selon le bon vouloir du ciel et de ses nébulosités?

Moi je n'ai aucun problème à rester réfugiée bénévolement dans mon âtre, donnez-moi une couverture, une tasse brûnante de tisane et des lignes à lire ou à écrire, et je serai rescapée volontiers, le temps que les fils de mes sutures tombent. C'est beau, le froid, calé au fond de son lit chaud.



lundi 23 novembre 2009

Bienvenue volupté!

Une nuit de farniente dans cette maison qui craque
Puis dans les volutes des vapeurs caféinées,
Et les exclamations obtempérées
de la chanteuse d'opéra
Je m'éveille, silencieusement,
Devant la belle vitrée
Qui d'elle filtre délicatement
Du haut de ses nuages
Une lumière d'ambre
Sur mes paupières closes un rayon
Qui d'un chaud murmure
Fait glisser en moi un frisson
Au gré des mouvements
Au-delà des arbres ondulants

mardi 17 novembre 2009

L'étaurevoir...

Un certain jour de novembre...
Comment l'euphorie du départ éclata en pièces? Cruellement broyée par la séparation, un ligament qui se brisai par le démarrage du train, elle l'embrassa du regard pour une dernière fois, cet homme à demi caché derrière les autres aux gestes d'aurevoir...Du départ à l'arrivée elle pleura doucement, les larmes perlant au rythme de la musique triste fusant dans ses oreilles...Voyant bien que sa vie parfois l'était aussi, une musique violemment triste, à la Muse. La situation lui échappait, mais depuis elle avait les ventricules dans un étau de plomb, pesant en elle d'un sombre pressentiment. Trop tard. Son coeur retors grinçait en crescendo plus les kilomètres s'accumulaient entre lui et elle, plus elle réalisait...Trop tard.
Pourtant elle avait toujours cru...Il lui a bien fallu trouver un tourment en lui pour découvrir la valeur qu'il avait pour elle. Un tourment puissant et lourd comme un roulement de nimbus dans un ciel incertain. La distance. Inconstante distance, mais maintenant bien établie. Insoutenable. Puis la douleur a jailli des adieux trop rapides, d'un baiser invisible et muet, celui qu'il n'a pas déposé sur ses lèvres et elle non plus. Ça fait mal. Comme s'ils s'étaient aimés depuis longtemps. Comme s'ils savaient qu'ils s'aimaient depuis longtemps. Et elle pleure déjà pour la prochaine fois qu'il tombera amoureux, dans un vertige qui ne sera pas le sien, et elle sera seule, et sombrera...Et elle déteste ses mots, elle les maudit et les plus sombres elle les mord encore d'entre ses lèvres. Trop tard.

mardi 10 novembre 2009

L'illumination 2.

L'effet était superbe. Devant de telles beautés, normal d'avoir le souffle coupé par ses cimes acérées. De ces sommets enneigés mon regard n'a pu se détacher que pour quelques instants, le temps de graver sur ma mémoire de papier cette grande fenêtre de la cabine, et le jour tombant face aux montagnes, ne laissant encore que trois ou quatre minutes d'émerveillement possible. Plus que trois ou quatre instants avant que ne s'éteigne le Tyrol, et mes yeux parcouraient frénétiquement la vitre à la recherche d'encore plus de spectaculaire, me gavant toujours plus de ces paysages de démesures.

Et sur les rails dans la vallée je pouvais d'une manette avancer ou reculer le film, accélérer ou ralentir la progression des images, car ce n'était plus moi qui parcourait en train l'Autriche et la moitié de la Suisse mais bien le panorama qui évoluait selon mon bon vouloir. Le temps a tout de même su me rattraper, même en TGV. La noirceur engouffra tout d'un coup de vent, mais les massifs étaient d'autant plus imposants, comme une présence invisible mais terriblement forte...De laquelle on pouvait parfois apercevoir des amoncellements de milliers de petits phares, probablement installés là pour guider les trains sans rails...
Ça vous fait penser à quoi?

Dieu se cacherait-il dans les montagnes? Ce sont tout de même les conséquences de mouvements écorsaires puissants, de fracas tectoniques!

Je n'étais pas encore bien certaine du nom que les gens leur donnaient, mais je les avais déjà baptisées à ma manière. Car bien que n'importe quelle religion n'aurait jamais pu les avoir créées ou même déplacées, elles possèdent tout ce qui a de plus sacré, et elles le font émaner d'une aura de neige.

Je n'aurais jamais cru possible qu'autant de pureté brute puisse être concentrée en un même corps.

Mesdames et Messieurs, laissez-moi vous introduire...Leurs Majestés les Alpes!

mardi 15 septembre 2009

Un soir à St-Malo...

Café de l'Absinthe, St-Malo intra-muros, 14 septembre 2009

De retour seule avec mon intérieur d'une sérénité qui comble et qui envahit de soie mes alentours...Mon dîner frugal d'une main et mon appétit de l'autre, je me trouvai subrepticement devant une vue surréaliste de la Manche et des ses côtes malouennes. Une Manche grondeuse mais pure, grandiose sous les rafales mais jamais domptée. Des brumes orangées puis rosies par la capitulation du soleil nappaient les imposants rochers qui bordent la côte. Sous la lente transition du crépuscule s'enchaînaient les danses des caresseurs de vent- que j'aurais pu croire rituelles - , des mages bretons qui de leur grande voile de mille couleurs couvertes reliaient cette mer changeante et ces rafales qui savent repousser les horizons. Les maîtres du kitesurf s'entêtèrent jusqu'à la tombée du jour à valser puis à se fracasser dans les vagues.

C'étaient plus les feux du ciel que le vent glacial qui me firent frissonner.

J'étais conquise et par la contemplation l'horizon avait goûté de mes lèvres, les grandes avancées nuageuses qui épousaient volontiers les nuances de l'astre diurne dans sa royale descente avaient assaili mon corps tout entier, puis mes yeux ne vécurent plus que dans le reflet des ondulations aléatoires des acrobates et de leurs voiles gracieuses. J'ai fait l'amour avec une vision féérique septembrionale. Belles retrouvailles avec ce for qui guide mes intempestives marées, qui parfois s'endorment avant même d'avoir commencé...

mardi 26 mai 2009

La nuit des orages

Que se passe-t-il quand l'orage éclate? Dans cette ambiance d'une sinistre lourdeur, je sens que les grondements trouvant écho entre ciel et terre nous réunissent tous un peu...Chacun tend l'oreille dans l'espoir que cela finisse...ou continue.

Devant cette fenêtre du 8e étage de l'auberge D'Artagnan, une fillette, les yeux rivés vers l'extérieur, le nez collé contre la vitre parsemée de gouttelettes, assiste à son premier feu d'artifice. Des éclats de lumière s'imprègnent les uns à la suite des autres dans le firmament aux teintes de rose et de marron. Puis, quelques rares fois, un éclair se dispersant comme un arbre luminescent traverse de toutes parts l'immeuble à trente étages d'en face, le même qui borde , toutes les nuits, le somnambulisme de la fillette. Sur le ciment humide du square des bas fonds, les bouteilles vides s'animent dans l'air chaud et se mettent à barbotter dans un clapotis retentissant contre les murs des édifices des alentours. Pendant ce temps, le ciel entonne son concerto pour barython en ré mineur, un air grave et solennel du profond plafond des nimbus. La fillette, dont la curiosité toujours la maintient devant le spectacle intermittent, reste immobile dans l'obscurité de sa chambrette, un peu trahie par les maisonnées éveillées du gratte-ciel d'en face.

Les nuits d'orage lui donnent l'impression d'être vraiment consciente. Car cette force presque surnaturelle ramène les esprits au sens réel des choses. Ces bourrasques qui résonnent jusqu'en elle lui donnent un second souffle, rythmé par le fracas des portes et des fenêtres qui craquent, qui claquent et se détraquent dans leurs gonds. À genoux sur son lit, le nez plaqué contre la vitre de la fenêtre maintenant innondée, elle prie pour que la nuit des orages se poursuive pour toujours. Puis, comme le sort d'un souhait qui vient d'être révélé, la lourdeur se dissipe et l'air se rafraîchit peu à peu. Le silence revient soudainement, comme ce sommeil qui quelques fois nous prend...

vendredi 19 décembre 2008

Jaquette, tricot et autres frivolités

Après ces nuits insomniaques aux eaux fermentées,
et ces journées aux douces nervosités,
Je rêvasse entre les mailles de mon capteur de laine
Au rythme saccadé des aiguilles s'entrechoquant...

La flanalette, nuisette des froids hivers du célibat.
Chants de Cléopâtre et bains de lait de chèvre pour l'opulence des sens.
Puis je somnole.

jeudi 11 décembre 2008

Rêve-olution

À la recherche de génie, je nie l’humanité de mes doigts. Dois-je m’en soucier? Cierge de soumission, de peur. Heurt et fourberie des sens, sans trop voir ni entendre…Cendre des hommes et des heures, pleurs et pleurs puis tendre les bras, à ras de toi. Toit de mes tempêtes, de mes amours. Amoureuse libre et envolée, lettrée par passion de te dire, redire combien mon cœur, mon corps, hors du temps et du doute, te désirent et te cherchent. Chef d’œuvre de mes chimères, Ère de mes espoirs volages, je te sens. Sans trop savoir ni comprendre. Rendre les armes. Armistice sur terres ensanglantées, hantées de perfidie et de bêtise humaine…Haine engendrée par le pouvoir, ivoire convoité par un genre incendiaire. Hier et demain, indomptable et pur de cœur j’étais et resterai. Résister pour la lumière du jour et les frissons de la nuit, nuire au mal pour l’amour de tout, de toi.

Écrit le 16 septembre 2008

samedi 29 novembre 2008

Face au Nord

Elle se leva et lui tourna le dos, sorte d’effort contre nature nourri par la rage de l’arrivée trop hâtive de l’automne. Elle avait toujours eu l’habitude de se réjouir de ces odeurs enivrantes de terre et de froid, des nuages humides qui se forment autour des mots lorsqu’ils sont confiés, des crépuscules qui accourent de plus en plus vite pour couvrir la ville de ses longs baisers irisés. C’était toujours bon de voir apparaître les couleurs dansantes dans les arbres aux ombres allongées. Cette nuit était différente. C’était déjà l’hiver, sans autre préambule. Elle sentit sa hargne se transformer en pesanteur, également répartie dans tous ses membres, pour être ressentie partout, pour tout bien endolorir. La lourdeur qui écrasait sa gorge semblait insupportable : son visage se crispa graduellement, durcissant la douceur qui occupait habituellement ses traits. Et elle marcha, mit un pied après l’autre, dans une direction. Cap sur le loin. Infiniment plus loin.

Pourtant, plus elle s’éloignait, plus c’était lancinant, chacun de ses pas comme la lame d’un couteau plongé dans les méandres de sa peau froide. Pourtant, son désir d’y retourner en courant restait le plus horrible. Pourtant, les paysages sibériens reflétés dans ses yeux vides seraient les mêmes derrière ou devant ses pas. Les pans de son long manteau claquaient contre ses cuisses au rythme de ses nausées. Dégoût profond collé au palais, elle accueillit la froideur de septembre, faible tentative analgésique, priant pour qu’elle endorme de son austère berceuse ses pores devenus misanthropes. Car elle avait soudainement développé cette aversion pour le genre humain caractéristique d’un estropié rescapé de la guerre. Toujours un pas, puis un autre. Gens, faites place à la mariée ensanglantée et sa marche funèbre. L’écho des enclumes à ses pieds s’ajouta : c’étaient les grands murs de briques du vieux séminaire qui chantaient dans la nuit son Lacrymosa. Le frimas pénétrait son corps par rafales, et elle marchait.

Un autre pas, puis elle suffoqua. L’air ne la criblait plus qu’à travers ses sanglots, en de maigres tentatives pour sauver son corps, en attendant la douce accalmie du mausolée. Elle l’aurait accueillie avec soulagement, mais semble-t-il que bien d’autres saisons étaient à venir, malgré les apparences. Puis de l’eau salée sortit de sous ses cils, noyés par les assauts incessants de ses hoquets silencieux. Une larme pour un pas, pas après pas. Ses lèvres tremblantes ne goûtaient pas les caresses chaudes qui fuyaient sur son visage brisé. Elle continua de marcher, car elle ne savait que faire d’autre. Face au nord, maintenant c’était clair. De ce côté de la rose, l’horizon était dévasté par la froideur des ténèbres. Et ils glissaient maintenant vers elle, en une valse désarticulée. Pour l’instant, elle était épuisée par sa lourdeur, par ses sens engourdis. Elle s’arrêta enfin. Sa tête pesait de tous les pleurs bouillants qu’elle avait laissé échapper…Peut-être que…Si elle s’étendait dans le noir…Seulement un instant…Se reposer un peu…Rien qu’un peu…Peut-être que…

Écrit le 22 septembre 2008

jeudi 27 novembre 2008

Turbulences

Pieuse solitaire,
J’épie les signes de la noirceur…
Puis ma plume soupire les épîtres de mes tourments
En l’attente de mon Dieu
Vénéré, Adoré, dans les mâtines de l’adultère

Magnificat anima mea Dominum,
Et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo.
Quia respexit humilitatem ancillae suae;
ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Entre chien et loup,
Je guette, je guette toujours…
Dans l’espoir d’un espoir
En quête d’une trace, d’une goutte, d’une brise
Présage de la tempête

Le miroir des mauvaises augures a frappé.
Augustes images de mon inconscience médusée :

? sap ut-snes eN
esialam emlac nu’d stnemom seC
edicalp ediv ua ecaF
.sèlcomaD ed eépÉ – eniffa’s, esiugia’s iuQ

Je…je…je…
Bégaiement identitaire, couronne de ma misère
Être doté de vingt-troisièmes chromoshommes jumeauXX,
En recherche d’un quelque chose peu quelconque, autre du pessimisme qui inspire mes glauques envolées, autre du XXX de l’urbanisme…

Je suis tout de même une femme.
Une femme qui aime peut-être trop?? id est pourvue d’un myocarde surdéveloppé?
Tentant de faire honneur à son sexe féministe
À sa nanonation
À son espèce qui s’autodépece…

J’ignore si je t’aime toi.
Mais l’oxymore rebelle de mes tripes
Est l’écho inquiétant de ce que tu daignes montrer de toi
– Remontrances.

D’entre tous, tes yeux me surprennent
Prise sur le rouge vif
Le cœur à vif
Dans mon évidente vicissitude

Ai-je peur?
Une mer d’incertitudes a accouché de moi
Mais à travers le doute, quelques éléments insondables persistent.

Dans ma légèreté, je suis Pétale.
Dans ma sensibilité, je suis Madeleine.
Dans mon inspiration, je suis Astres funambules.
Dans ma foi, je suis Amour – sans bile.
Et dans ma crainte, je suis Vent volage qui ravage quelques fois…


Toi, qui es-tu?